à travers la vitre

Je vois le monde de manière opaque, cherchant à lui trouver une essence que je pourrai distiller ne sachant pas si je m’en servirai pour le parfumer ou le vicier, vacillante entre une offrande de beauté, de douceur et l’envie de lever le poing et de hurler.
La confusion m’enlace, le temps et les distances défilent, le nez collé à la vitre comme un enfant qui compterait les voitures rouges, je capture ces instants que la vitesse rend plus éphémère encore, traversant des contrées où je ne m’arrêterai pas, imaginant des vies, des passés, des futurs que je ne connaîtrais pas, et comme une quête d’urgence j’attrape ces instants avec la seule volonté  de les figer précisément
comme je les vois.
Ces vitres, ces paysages, parlent des gens et du monde, du temps qui s’échappe et qui m'impose le temps d'un voyage de le regarder passer.